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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 06:00

Les Assemblées générales (AG) des actionnaires du Crédit Agricole et de la Société Générale se sont tennues le 22 mai 2012 à Paris. Les Amis de la Terre ont pris part à ces AG et ont saisi cette occasion pour interpeller les dirigeants des banques et les actionnaires et rappeler à tous que les profits réalisés par ces banques se font au prix de coûts humains, environnementaux et climatiques toujours plus importants. L'association exige la fin des investissements controversés notamment dans le domaine du charbon, le plus climaticide.

 

Si le Crédit Agricole affiche une perte d'1,5 milliard pour l'exercice 2011, la Société Générale déclare de son côté 2,4 milliards de bénéfices. Mais pour les Amis de la Terre, qui suivent de près les activités de ces banques, le bilan est bien plus désastreux [1].

 

Présente lors des assemblées générales des deux banques, l'association s'y est rendue avec Bob Kincaid, président de l'ONG états-unienne Coal River Mountain Watch, qui a exigé des dirigeants des explications sur leurs investissement dans le « Mountain Top Removal » (MTR), un type d'exploitation minière à ciel ouvert détruisant aux explosifs jusqu'à 300 mètres du sommet des montagnes pour atteindre les veines de charbon qui se trouvent en dessous. Le Crédit Agricole et la Société Générale détiennent des millions d'euros d'actions et d'obligations dans des entreprises lourdement impliquées dans le MTR telles que Alpha Natural Ressources, Arch Coal ou Consol Energy.

 

Pour Bob Kincaid : « Les Appalaches sont en état de siège. L'une des plus belles chaînes de montagnes au monde est attaquée quotidiennement par plus de 3 000 tonnes d'explosifs utilisés par l'industrie du charbon pour faire sauter nos montages, répandre des pluies de poison sur nos communautés, rendre malade et tuer nos amis, nos voisins, nos familles. Par vos investissements, vous avez participé à la destruction de plus de 500 montagnes et à l'ensevelissement de plus de 3 200 kilomètres de cours d'eau de montagnes. »

 

La technique du Montain Top Removal est combattue depuis des années par de nombreuses ONG aux Etats-Unis et dans le monde Les multiples campagnes menées en direction du secteur bancaire par le réseau BankTrack, dont les Amis de la Terre France sont un membre actif, ont conduit certaines banques à adopter des politiques spécifiques en la matière. Le Crédit Suisse exclut ainsi de son portefeuille toutes les entreprises qui pratiquent le Mountain Top Removal. Mais à ce jour, aucune banque française n'a fait de pas dans ce sens !

 

Ce n'est pas la première fois que ces banques sont parties prenantes dans des projets hautement controversés. En effet, le Crédit Agricole et la Société Générale sont déjà impliqués dans les projets de centrales à charbon de Kusile et Medupi en Afrique du Sud. Cette dernière émettra 25 millions de tonnes de CO2 par an (ce qui équivaut à 5 % des émissions françaises annuelles) et a été conçue uniquement pour répondre aux besoins du secteur industriel, c'est à dire principalement aux compagnies minières étrangères tournées vers l'exportation. Elle a enfin valu le prix Pinocchio 2010 au Crédit Agricole.

 

« Même l'Agence internationale de l'énergie reconnaît que la situation est critique. », explique Ronack Monabay, chargé de campagne aux Amis de la Terre. « Elle déclare d'ailleurs qu'afin de respecter le scénario de 2 degrés relatif à la lutte contre le changement climatique, il est indispensable que toute nouvelle infrastructure énergétique soit neutre en carbone en 2017. Il est donc urgent d'en finir avec les investissements dans le charbon dès aujourd'hui comme nous le demandons aux banques ».

 

Yann Louvel, référent de la campagne sur la Responsabilité des acteurs financiers » aux Amis de la Terre conclut : « A l'heure où la Société Générale se targue d'avoir 'l'esprit d'équipe' et où le Crédit Agricole proclame 'It's time for green banking', on ne peut qu'être frappé par le décalage entre le discours et la réalité puisque qu'elles font toutes les deux partie des 20 banques les plus climaticides au monde. Au lieu de systématiquement « verdir » leurs activités, les banques françaises devraient mettre en place un moratoire des financements de nouvelles centrales à charbon, et soutenir les opportunités d'amélioration de l'efficacité énergétique et renforcer le secteur des énergies renouvelables ».

 

IMPORTANT :

Pour plus d'informations, n'hésitez pas à contacter Ronack Monabay, chargé de campagne sur les institutions financières internationales et présents aux deux Assemblées générales : 06 38 89 81 05.

 

Contact presse : Caroline Prak - 06 86 41 53 43 - 01 48 51 18 96

 

[1] Concernant les investissements controversés des banques, lire le rapport « Bankrolling Climate Change » qui présente les 20 banques les plus climaticides au monde : la BNP Paribas est 8e du classement avec 10,7 milliards d'euros accordés à l'industrie du charbon, le Crédit agricole est 14e avec 5,6 milliards d'euros et la Société générale est 18ème avec 4,7 milliards d'euros. Le rapport complet est disponible ici :

http://www.banktrack.org/download/bankrolling_climate_change/climatekillerbanks_final_0.pdf

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 08:08

Après le Crédit Agricole et la Société Générale, les Amis de la Terre ont participé le 23 mai à l'Assemblée générale des actionnaires de BNP Paribas, qu'ils ont interpellé sur son rôle dans la financiarisation croissante de la nature, et plus particulièrement dans la spéculation sur les denrées alimentaires. Les Amis de la Terre France et Europe, qui avaient épinglé cet acteur financier dans un rapport en janvier dernier, demandent à BNP Paribas de retirer du marché leurs produits dérivés sur les biens alimentaires, et plus largement d'arrêter de spéculer au détriment des peuples et de la nature.

D'autres banques européennes, comme la danoise Nordea ou l'allemande Deutsche Bank, ont déjà annoncé renoncer à leurs produits dérivés sur des denrées alimentaires [1]. Compte tenu de la gravité de la crise alimentaire, et des preuves qui montrent que la spéculation sur ces denrées contribue à la faim dans le monde [2], BNP Paribas devrait en faire de même, en application du principe de précaution.

BNP Paribas est en effet un acteur majeur des marchés mondiaux agricoles et énergétiques, et propose de nombreux fonds et instruments liés aux matières premières. Juliette Renaud, des Amis de la Terre France, commente :  « Cela fait partie d'une tendance générale à la financiarisation de la nature : les biens naturels sont vus par les banques comme un simple capital, et transformés en actifs financiers, au prix d'impacts énormes sur les peuples et l'environnement. Voilà ce qui se cache derrière les propositions d'économie verte qui seront discutées au Sommet de Rio à venir. Les Amis de la Terre demandent au contraire de mettre fin à la mainmise de la finance sur nos vies et sur la nature ».

Selon les données de la banque elle-même, à la fin 2011, elle avait plus de 700 millions d'euros d'exposition aux matières premières agricoles, c'est-à-dire liés au cours de ces denrées. S'il s'agit d'une petite fraction des actifs totaux de BNP Paribas, ce chiffre représente une quantité énorme et déstabilisante sur les marchés de denrées alimentaires, contribuant à la financiarisation et à la volatilité des prix de ces produits de première nécessité.

Les récentes hausses des prix alimentaires augmentent la famine et la malnutrition dans le monde : depuis 2010, 40 millions de personnes s'ajoutent au milliard qui en souffrait déjà. Alors que les prix élevés des aliments affectent les populations les plus vulnérables, les changements rapides de prix ont aussi un impact désastreux sur les petits producteurs. Le Secrétaire général des Nations unies a d'ailleurs appelé à lutter contre la volatilité de prix des denrées alimentaires. Depuis cinq ans, le rôle des acteurs financiers dans la spéculation sur ces marchés s'est développé, alimentant d'autant plus la volatilité.

Selon Rachel Tansey, des Amis de la Terre Europe,  «  L'avidité des banques ne doit pas passer avant la faim et la malnutrition des populations les plus pauvres. BNP Paribas se targue de contribuer à créer un système qui réponde mieux aux besoins des gens, en respectant l'environnement et l'équité sociale. Afin  d'être à la hauteur de ses engagements, cette banque doit arrêter de proposer des produits financiers liés aux matières premières agricoles ».

La financiarisation de ces denrées alimentaires et des biens naturels en général résulte de la dérégulation des marchés financiers, des montants croissants de capitaux investis dans la spéculation sur les matières premières par les banques d'investissement, les hedge funds et autres investisseurs institutionnels. Elle est aussi due à la création de nouveaux instruments comme les fonds indiciels et les fonds négocié en bourse ("exchange-traded funds").

Les Amis de la Terre continueront à alerter les citoyens et interpeler les pouvoirs publics [3] et les banques sur ces enjeux peu connus. Début juin, une nouvelle campagne contre la financiarisation de la nature sera ainsi lancée en France à l'occasion du Sommet Rio +20.

En réponse à la question posée par les Amis de la Terre lors de l’Assemblée Générale des actionnaires de BNP Paribas, les responsables de cette banque ont répondu de façon ambiguë sur leur implication dans la spéculation alimentaire. Ils ont choisi délibérément d’ignorer le fait qu’ils commercialisent des produits financiers dont les impacts négatifs ont déjà été prouvés.

En réponse à un questionnaire des Amis de la Terre, BNP Paribas avait pourtant elle-même reconnu, il y a quelques mois, avoir par exemple 700 millions d’euros d’exposition aux matières premières agricoles au travers de produits tels que les fonds négociés en bourse (exchange traded funds) et les « produits dérivés de plusieurs indices de matières premières ». Ces sommes jouent un rôle énorme dans la spéculation alimentaire excessive et dangereuse, qui a des conséquences gravissimes pour les populations les plus vulnérables et les petits producteurs. Ces produits proposés aux clients de BNP Paribas sont très différents des activités traditionnelles de couverture des risques, comme les autorités de la banque ont voulu le faire croire dans leur réponse d’aujourd’hui.

La réponse de BNP Paribas occultait donc délibérément leur offre de produits nocifs, niant le fait qu’ils jouaient un rôle dans la croissance massive des positions spéculatives sur les marchés dérivés de matières premières agricoles, provoquant la volatilité et la hausse des prix de ces denrées alimentaires. Encore une fois, preuve a été faite aujourd’hui que BNP Paribas est loin d’être « la banque d’un monde qui change » comme elle le revendique.


Contact presse :

Caroline Prak : 01 48 51 18 96 / 06 86 41 53 43, caroline.prak@amisdelaterre.org

Notes :

[1] Voir par exemple le Rapport annuel de Nordea sur l'Investissement et la Gouvernance Responsables, p. 21 :http://newsroom.nordea.com/en/blogpost/nordeas-annual-report-on-responsible-investment-governance/

[2] Pour plus d'information, consulter le rapport des Amis de la Terre Europe "Récolter l'argent : comment les banques européennes et la finance privée profitent de la spéculation alimentaire et de l'accaparement des terres " : http://www.amisdelaterre.org/Nouveau-rapport-les-banques.html

[3] Voir la déclaration de la société civile sur la directive européenne MiFID, en avril 2012 : "La régulation financière par l'Union européenne doit réfréner la spéculation alimentaire" http://www.foeeurope.org/sites/default/files/news/joint_civil_society_statement_on_mifid_april_2012.pdf

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Publié par ATIsère - dans Banques
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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 11:00

Entre crise financière et dette publique, comment reprendre le contrôle sur le secteur financier pour mettre fin au pillage des ressources publiques.

Vendredi 9 mars 2012 à 20 h à la Maison des associations : rue Berthe de Boissieux Grenoble.

 

Avec :

- Yann Louvel, chargé de Campagne, Responsabilité des Acteurs Financiers des Amis de la Terre France,

- Henry Tidy, adhérent aux Amis de la Terre Isere et ancien chargé de campagne des Amis de la Terre Angleterre sur les questions économiques,

- Mathilde Dupré, chargée de campagne sur les paradis fiscaux au CCFD-Terre Solidaire

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 16:09

Voici le programme de la semaine de la finance solidaire organisée cette semaine par un collectif d'association.

Plusieurs brochures des Amis de la Terre seront disponibles mardi 8 novembre au soir lors de l'apéritif dinatoire :
Environnement : comment choisir sa banque
Environnement : comment choisir son épargne
Les banques sous pression citoyenne - novembre 2011.

Lundi 7 novembre : Maison des Associations à Grenoble à 20 h
Film suivi d’un débat : Moi, la finance et le développement durable
Introduction par Amélie Artis, docteur en sciences économiques, spécialiste de la finance solidaire
Echanges avec Jacky Blanc, participant du film et président de la Coopérative Financière Ethique (CFE) qui préfigure la future Banque Ethique Européenne, et Bruno Greslou, président de la commission économique d’ATTAC  Isère


Mardi 8 novembre : Débats : La finance solidaire : une finance engagée dans le développement local ?
A la MJC Village de St Martin d’Hères (5 rue Romain Rolland)
(Bus 11 ou 33 ou tram D)
Animation par Amélie Artis, docteur en sciences économiques, spécialiste de la finance solidaire
19 h à 19 h 15 : Accueil  et présentation de la semaine de la finance solidaire, et de la soirée
19 h 15 à 19 h 30 : Présentation de la démarche, de la vision de la Nef à terme, et du collectif d’acteurs engagés
19 h 30 à 20 h 30 :
Table ronde 1 : La finance solidaire : une réponse à plusieurs défis environnementaux et sociaux
20h30 - 21h : apéritif dinatoire.
21 h 10 à 23 h :
Table ronde 2 : La finance solidaire : Les CIGALES, un engagement citoyen en appui à l’économie locale

Présentation de 4 pratiques de finances solidaires :
Les CIGALES et GARRIGUE, avec Jean-Pierre Duponchelle, président de la fédération française des CIGALES, administrateur de GARRIGUE, (ex membre du Conseil de Surveillance de La Nef)
Terre de Liens, avec Eric Servel, administrateur national, par ailleurs membre du Conseil de Surveillance de La Nef et Bernard Dupeloux, (Alliance Pec Isère)
Le micro crédit de La Nef, par des sociétaires de La Nef de l’Isère
« Energies partagées », avec Jean-Marc De Boni, directeur de la Nef
Débat animé par Amélie Artis (*) avec :
Cyril Kretzschmar, conseiller délégué à la nouvelle économie et aux nouveaux emplois, à l’artisanat et à ’Economie Sociale et Solidaire en région Rhône-Alpes
Bruno Mollaret, président de MCAE Isère Active
Les partenaires promoteurs des pratiques de finance solidaire présents
Des témoignages d’acteurs CIGALIERS : CIGALE La Bobinette, une entreprise financée (Tart’enpion), un nouveau projet (ADABIO)


Mercredi 9 novembre : Cinéma Le Club à Grenoble à 19 h 30
Film débat : Inside Job
Introduction par Philippe Leconte, président de La Nef.
Echange avec le Philippe Leconte et Bruno Greslou, président de la commission économique d’ATTAC Isère

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 18:00

Un rassemblement est prévu samedi 14 mai 2011 à 14h30 à Grenoble pour une apparition publique dans le cadre de la campagne nationale ATTAC/AT : "A nous les banques".

Nous avons rendez-vous ce samedi, place Victor Hugo à Grenoble, devant la BNP à 14h 30.
Pour attirer l'attention des passants, certains seront habillés avec des combinaisons blanches et des masques blancs pour ceux qui tiendront les panneaux (slogans).
Nous mettrons autour de nous les grands panneaux (ils se tiennent debout deux par deux).


Les personnes restantes distribueront le tract pour annoncer la réunions publique à venir :

  Mercredi 25 mai 2011 à 20h00, à la maison des associations de Grenoble
Avec
- Projection d’un montage du film: « la double face de la monnaie »
- Catherine SIFAKIS, économiste, membre d’attac Isère,
- l’intervention d’un représentant du groupe local de la Nef, et du syndicat SUD PTT

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Publié par ATIsère_sw - dans Banques
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