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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 09:57

La sortie du nouvel iPhone 5 : obsolescence programmée en série

 

Nouvelle esthétique, nouvelle connectique, la course à l'innovation que se livrent les géants du secteur high-tech Apple, Samsung et Nokia en tête, justifie-t-elle que les chargeurs, enceintes et autres gadgets des précédentes générations d'iPhone finissent dans nos tiroirs ou pire dans nos poubelles ?

En commercialisant l'iPhone 5, Apple met non seulement en vente un gadget dernier cri mais impose aussi à ses clients, partenaires et aux producteurs de produits dérivés, une nouvelle donne. Car si le design de l'iPhone 5 marque une rupture avec les modèles précédents, la connectique est, elle aussi, différente : le nouveau chargeur de l'iPhone 5 sera donc incompatible avec les 183 millions d'iPhone, 73 millions d'iPad et 275 millions d'iPod vendus dans le monde. Il en sera de même pour les stations d'accueil et autres chaînes hi-fi : de quoi nous inciter à renouveler tous nos équipements ? Les ressources naturelles s'épuisent et Apple, la plus grande capitalisation boursière de l'histoire des Etats-Unis, se permet une nouvelle fois de les gaspiller pour vendre plus et rendre le consommateur toujours plus dépendant.

La sortie de l'iPhone 5 le 12 septembre n'est en réalité pour Apple qu'un nouveau chapitre de sa longue saga sur le thème de l'obsolescence programmée : en 2001, le groupe à la pomme lançait l'iPod dont la durée de vie est limitée à celle de sa batterie, indémontable [1]. Malgré une action en justice aux Etats-Unis, Apple innove régulièrement pour maîtriser la durée de vie ses produits : impossibilité de mettre à jour le système d'exploitation pour les modèles les plus anciens [2], pièces détachées qui changent à chaque génération [3]. Avec 3 générations d'iPad en 2 ans et 6 d'iPhone en 5 ans [4], les produits Apple sont très rapidement obsolètes !

L'obsolescence programmée du secteur high-tech a un coût écologique et social. Les Amis de la Terre alertent depuis 2010 sur l'exploitation massive des ressources, l'extraction de terres rares et minerais dans les pays du Sud, les impacts sanitaires pour les populations locales, la surproduction de déchets et les pollutions lourdes. 

Camille Lecomte, chargée de campagne Modes de production et de consommation responsables s'insurge : « Combien de ces objets tant désirés aujourd'hui finiront dans les 18 mois dans un tiroir comme 37 % de nos portables voire pire dans nos poubelles[5]. Combien de temps les populations d'Afrique impactées par l'extraction minière nécessaire à ces technologies vont-elles encore supporter de voir leur environnement détruit, leurs cours d'eaux et leurs sources contaminées ? »

 

Les Amis de la Terre appellent les parlementaires et les sénateurs à mettre un terme à l'aberration  environnementale et sociale que constitue l'obsolescence programmée, en adoptant une loi pour allonger la durée de garantie de 2 à 10 ans sur les biens de consommation, pour imposer aux producteurs de mettre sur les marchés des produits réparables et de garantir la mise à disposition des pièces détachées pour faciliter la réparation dans les 10 années suivant l'achat d'un bien.

 

Des solutions existent pour consommer autrement : donner une seconde vie à nos produits, faire réparer plutôt que de jeter, soutenir les réparateurs et valoriser leur savoir-faire, pour une économie utile socialement, qui préserve les emplois et l'environnement.

 

 

www.produitspourlavie.org

 

 


[1] Chiffre iPhone pour 2012 : http://www.eco-conscient.com/art-734-vente-apple-ipad-plus-de-50-millions-dipad-vendu-en-2012.html

Chiffre iPad pour 2012 : http://www.01net.com/editorial/563974/gartner-120-millions-de-tablettes-en-2012/

Chiffre iPod pour 2011 : http://fr.wikipedia.org/wiki/IPod

[2] IOS 5 est le dernier système d'exploitation d'Apple, la mise à jour via le site d'Apple est possible pour toute la gamme des iPad. La mise à jour pour les iPhone est limitée aux trois dernières versions (3GS, 4G et 4GS). Un iPhone 3G, lancé officiellement en juillet 2008, ne peut être mis à jour, et seules certaines applications continuent de fonctionner. Le consommateur est ainsi incité à acheter un nouvel objet et la durée d'utilisation d'un iPhone est alors de 3 ans 1/2 !

[3] http://www.cultofmac.com/77814/is-apple-guilty-of-planned-obsolescence/

[4] 2007 : sortie iPhone, 2008 : iPhone 3G, 2009 : iPhone 3GS, 2010 : iPhone 4G, 2011 : iPhone 4GS

2010 : sortie de iPad1, 2011 : iPad 2, 2012 : iPad 3.

5 Ce qui arrive dans 6 % des cas. CREDOC, Cahier de recherche, Les secondes vies des objets : les pratiques d'acquisition et de délaissement des produits de consommation, janvier 2012.

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 06:00

Les Assemblées générales (AG) des actionnaires du Crédit Agricole et de la Société Générale se sont tennues le 22 mai 2012 à Paris. Les Amis de la Terre ont pris part à ces AG et ont saisi cette occasion pour interpeller les dirigeants des banques et les actionnaires et rappeler à tous que les profits réalisés par ces banques se font au prix de coûts humains, environnementaux et climatiques toujours plus importants. L'association exige la fin des investissements controversés notamment dans le domaine du charbon, le plus climaticide.

 

Si le Crédit Agricole affiche une perte d'1,5 milliard pour l'exercice 2011, la Société Générale déclare de son côté 2,4 milliards de bénéfices. Mais pour les Amis de la Terre, qui suivent de près les activités de ces banques, le bilan est bien plus désastreux [1].

 

Présente lors des assemblées générales des deux banques, l'association s'y est rendue avec Bob Kincaid, président de l'ONG états-unienne Coal River Mountain Watch, qui a exigé des dirigeants des explications sur leurs investissement dans le « Mountain Top Removal » (MTR), un type d'exploitation minière à ciel ouvert détruisant aux explosifs jusqu'à 300 mètres du sommet des montagnes pour atteindre les veines de charbon qui se trouvent en dessous. Le Crédit Agricole et la Société Générale détiennent des millions d'euros d'actions et d'obligations dans des entreprises lourdement impliquées dans le MTR telles que Alpha Natural Ressources, Arch Coal ou Consol Energy.

 

Pour Bob Kincaid : « Les Appalaches sont en état de siège. L'une des plus belles chaînes de montagnes au monde est attaquée quotidiennement par plus de 3 000 tonnes d'explosifs utilisés par l'industrie du charbon pour faire sauter nos montages, répandre des pluies de poison sur nos communautés, rendre malade et tuer nos amis, nos voisins, nos familles. Par vos investissements, vous avez participé à la destruction de plus de 500 montagnes et à l'ensevelissement de plus de 3 200 kilomètres de cours d'eau de montagnes. »

 

La technique du Montain Top Removal est combattue depuis des années par de nombreuses ONG aux Etats-Unis et dans le monde Les multiples campagnes menées en direction du secteur bancaire par le réseau BankTrack, dont les Amis de la Terre France sont un membre actif, ont conduit certaines banques à adopter des politiques spécifiques en la matière. Le Crédit Suisse exclut ainsi de son portefeuille toutes les entreprises qui pratiquent le Mountain Top Removal. Mais à ce jour, aucune banque française n'a fait de pas dans ce sens !

 

Ce n'est pas la première fois que ces banques sont parties prenantes dans des projets hautement controversés. En effet, le Crédit Agricole et la Société Générale sont déjà impliqués dans les projets de centrales à charbon de Kusile et Medupi en Afrique du Sud. Cette dernière émettra 25 millions de tonnes de CO2 par an (ce qui équivaut à 5 % des émissions françaises annuelles) et a été conçue uniquement pour répondre aux besoins du secteur industriel, c'est à dire principalement aux compagnies minières étrangères tournées vers l'exportation. Elle a enfin valu le prix Pinocchio 2010 au Crédit Agricole.

 

« Même l'Agence internationale de l'énergie reconnaît que la situation est critique. », explique Ronack Monabay, chargé de campagne aux Amis de la Terre. « Elle déclare d'ailleurs qu'afin de respecter le scénario de 2 degrés relatif à la lutte contre le changement climatique, il est indispensable que toute nouvelle infrastructure énergétique soit neutre en carbone en 2017. Il est donc urgent d'en finir avec les investissements dans le charbon dès aujourd'hui comme nous le demandons aux banques ».

 

Yann Louvel, référent de la campagne sur la Responsabilité des acteurs financiers » aux Amis de la Terre conclut : « A l'heure où la Société Générale se targue d'avoir 'l'esprit d'équipe' et où le Crédit Agricole proclame 'It's time for green banking', on ne peut qu'être frappé par le décalage entre le discours et la réalité puisque qu'elles font toutes les deux partie des 20 banques les plus climaticides au monde. Au lieu de systématiquement « verdir » leurs activités, les banques françaises devraient mettre en place un moratoire des financements de nouvelles centrales à charbon, et soutenir les opportunités d'amélioration de l'efficacité énergétique et renforcer le secteur des énergies renouvelables ».

 

IMPORTANT :

Pour plus d'informations, n'hésitez pas à contacter Ronack Monabay, chargé de campagne sur les institutions financières internationales et présents aux deux Assemblées générales : 06 38 89 81 05.

 

Contact presse : Caroline Prak - 06 86 41 53 43 - 01 48 51 18 96

 

[1] Concernant les investissements controversés des banques, lire le rapport « Bankrolling Climate Change » qui présente les 20 banques les plus climaticides au monde : la BNP Paribas est 8e du classement avec 10,7 milliards d'euros accordés à l'industrie du charbon, le Crédit agricole est 14e avec 5,6 milliards d'euros et la Société générale est 18ème avec 4,7 milliards d'euros. Le rapport complet est disponible ici :

http://www.banktrack.org/download/bankrolling_climate_change/climatekillerbanks_final_0.pdf

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 08:08

Après le Crédit Agricole et la Société Générale, les Amis de la Terre ont participé le 23 mai à l'Assemblée générale des actionnaires de BNP Paribas, qu'ils ont interpellé sur son rôle dans la financiarisation croissante de la nature, et plus particulièrement dans la spéculation sur les denrées alimentaires. Les Amis de la Terre France et Europe, qui avaient épinglé cet acteur financier dans un rapport en janvier dernier, demandent à BNP Paribas de retirer du marché leurs produits dérivés sur les biens alimentaires, et plus largement d'arrêter de spéculer au détriment des peuples et de la nature.

D'autres banques européennes, comme la danoise Nordea ou l'allemande Deutsche Bank, ont déjà annoncé renoncer à leurs produits dérivés sur des denrées alimentaires [1]. Compte tenu de la gravité de la crise alimentaire, et des preuves qui montrent que la spéculation sur ces denrées contribue à la faim dans le monde [2], BNP Paribas devrait en faire de même, en application du principe de précaution.

BNP Paribas est en effet un acteur majeur des marchés mondiaux agricoles et énergétiques, et propose de nombreux fonds et instruments liés aux matières premières. Juliette Renaud, des Amis de la Terre France, commente :  « Cela fait partie d'une tendance générale à la financiarisation de la nature : les biens naturels sont vus par les banques comme un simple capital, et transformés en actifs financiers, au prix d'impacts énormes sur les peuples et l'environnement. Voilà ce qui se cache derrière les propositions d'économie verte qui seront discutées au Sommet de Rio à venir. Les Amis de la Terre demandent au contraire de mettre fin à la mainmise de la finance sur nos vies et sur la nature ».

Selon les données de la banque elle-même, à la fin 2011, elle avait plus de 700 millions d'euros d'exposition aux matières premières agricoles, c'est-à-dire liés au cours de ces denrées. S'il s'agit d'une petite fraction des actifs totaux de BNP Paribas, ce chiffre représente une quantité énorme et déstabilisante sur les marchés de denrées alimentaires, contribuant à la financiarisation et à la volatilité des prix de ces produits de première nécessité.

Les récentes hausses des prix alimentaires augmentent la famine et la malnutrition dans le monde : depuis 2010, 40 millions de personnes s'ajoutent au milliard qui en souffrait déjà. Alors que les prix élevés des aliments affectent les populations les plus vulnérables, les changements rapides de prix ont aussi un impact désastreux sur les petits producteurs. Le Secrétaire général des Nations unies a d'ailleurs appelé à lutter contre la volatilité de prix des denrées alimentaires. Depuis cinq ans, le rôle des acteurs financiers dans la spéculation sur ces marchés s'est développé, alimentant d'autant plus la volatilité.

Selon Rachel Tansey, des Amis de la Terre Europe,  «  L'avidité des banques ne doit pas passer avant la faim et la malnutrition des populations les plus pauvres. BNP Paribas se targue de contribuer à créer un système qui réponde mieux aux besoins des gens, en respectant l'environnement et l'équité sociale. Afin  d'être à la hauteur de ses engagements, cette banque doit arrêter de proposer des produits financiers liés aux matières premières agricoles ».

La financiarisation de ces denrées alimentaires et des biens naturels en général résulte de la dérégulation des marchés financiers, des montants croissants de capitaux investis dans la spéculation sur les matières premières par les banques d'investissement, les hedge funds et autres investisseurs institutionnels. Elle est aussi due à la création de nouveaux instruments comme les fonds indiciels et les fonds négocié en bourse ("exchange-traded funds").

Les Amis de la Terre continueront à alerter les citoyens et interpeler les pouvoirs publics [3] et les banques sur ces enjeux peu connus. Début juin, une nouvelle campagne contre la financiarisation de la nature sera ainsi lancée en France à l'occasion du Sommet Rio +20.

En réponse à la question posée par les Amis de la Terre lors de l’Assemblée Générale des actionnaires de BNP Paribas, les responsables de cette banque ont répondu de façon ambiguë sur leur implication dans la spéculation alimentaire. Ils ont choisi délibérément d’ignorer le fait qu’ils commercialisent des produits financiers dont les impacts négatifs ont déjà été prouvés.

En réponse à un questionnaire des Amis de la Terre, BNP Paribas avait pourtant elle-même reconnu, il y a quelques mois, avoir par exemple 700 millions d’euros d’exposition aux matières premières agricoles au travers de produits tels que les fonds négociés en bourse (exchange traded funds) et les « produits dérivés de plusieurs indices de matières premières ». Ces sommes jouent un rôle énorme dans la spéculation alimentaire excessive et dangereuse, qui a des conséquences gravissimes pour les populations les plus vulnérables et les petits producteurs. Ces produits proposés aux clients de BNP Paribas sont très différents des activités traditionnelles de couverture des risques, comme les autorités de la banque ont voulu le faire croire dans leur réponse d’aujourd’hui.

La réponse de BNP Paribas occultait donc délibérément leur offre de produits nocifs, niant le fait qu’ils jouaient un rôle dans la croissance massive des positions spéculatives sur les marchés dérivés de matières premières agricoles, provoquant la volatilité et la hausse des prix de ces denrées alimentaires. Encore une fois, preuve a été faite aujourd’hui que BNP Paribas est loin d’être « la banque d’un monde qui change » comme elle le revendique.


Contact presse :

Caroline Prak : 01 48 51 18 96 / 06 86 41 53 43, caroline.prak@amisdelaterre.org

Notes :

[1] Voir par exemple le Rapport annuel de Nordea sur l'Investissement et la Gouvernance Responsables, p. 21 :http://newsroom.nordea.com/en/blogpost/nordeas-annual-report-on-responsible-investment-governance/

[2] Pour plus d'information, consulter le rapport des Amis de la Terre Europe "Récolter l'argent : comment les banques européennes et la finance privée profitent de la spéculation alimentaire et de l'accaparement des terres " : http://www.amisdelaterre.org/Nouveau-rapport-les-banques.html

[3] Voir la déclaration de la société civile sur la directive européenne MiFID, en avril 2012 : "La régulation financière par l'Union européenne doit réfréner la spéculation alimentaire" http://www.foeeurope.org/sites/default/files/news/joint_civil_society_statement_on_mifid_april_2012.pdf

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 09:25

En partenariat avec le site d'informations Basta ! (www.bastamag.net), les Amis de la Terre ont publié un rapport d'investigation « Huile de palme : vivre ou conduire, il faut choisir » [1]. Cette étude de cas, qui porte sur les agissements de la compagnie malaisienne Sime Darby au Libéria, expose les conséquences de l'expansion des plantations de palmiers à huile au Libéria. Une vidéo de témoignages des communautés affectées d'une durée de 15 minutes vient appuyer cette étude de cas.

 

Dans le cadre de la journée mondiale des luttes paysannes (17 avril 2012), les Amis de la Terre et Basta souhaitent attirer l'attention sur le lien entre les hauts niveaux de consommation en Europe et l'accaparement des terres dans les pays du Sud [2].



Entre 2001 et 2010, la consommation d'huile végétale en Europe a presque doublé :

 

 

 

 La principale cause de cette augmentation est l'utilisation croissante d'huile comme agrocarburant : marginale il y a dix ans, l'essentiel de la production européenne d'huile végétale est désormais détournée pour cet usage. En substitution, l'Europe doit accroitre ses importations en provenance des pays du Sud

 

En janvier 2012, Sophie Chapelle, journaliste de Basta ! se rend au Libéria pour enquêter sur les pratiques du géant malaisien de l'huile de palme, Sime Darby. Cette entreprise cherche à développer ses exportations vers l'Europe pour répondre à la demande grandissante en huile de palme comme l'explique Sylvain Angerand des Amis de la Terre : « Grâce à une très forte mobilisation locale [3], Sime Darby a annoncé suspendre son projet d'usine à Port la Nouvelle, dans l'Aude mais nous voulons maintenir la pression pour que cette usine ne soit pas construite ailleurs car le problème reste inchangé : l'Europe n'a pas abandonné la folie des agrocarburants ».

 

Ce nouveau rapport montre que les monocultures industrielles de palmiers à huile pourraient couvrir plus de 5 % de la surface totale du Libéria ce qui constitue une menace considérable pour la sécurité/souveraineté alimentaire et l'environnement des communautés comme l'a constaté Sophie Chapelle : « Les tensions sont très vives et accentuées par l'opacité qui entoure le contrat entre le gouvernement libérien et Sime Darby. De nombreuses communautés considèrent qu'on leur a volé leurs terres ».

 

Le contrat entre le gouvernement et Sime Darby n'est malheureusement pas un cas isolé : de plus en plus d'entreprises font pression sur les gouvernements du Sud pour accéder aux terres. Plusieurs entretiens avec des représentants du ministère, nous ont permis de constater que les termes de ce contrat n'étaient même pas pleinement compris par le gouvernement. Ainsi, le contrat prévoit que Sime Darby devienne seul bénéficiaire des droits sur le carbone des plantations et puisse donc les revendre sur le marché international des droits à polluer.

 

De nombreux autres pays africains subissent de plein fouet la nouvelle vague d'expansion de palmier à huile sur ce continent : Ghana, Cameroun, Congo ou encore Ouganda. Le 23 avril 2012, les Amis de la Terre publieront un nouveau rapport et une vidéo de témoignage des communautés affectées en Ouganda.

 

 

Notes :

[1] Le rapport « Huile de palme : vivre ou conduire, il faut choisir » et la vidéo sont visibles en ligne ici :

http://www.amisdelaterre.org/Liberia-le-nouveau-reservoir-d.html

 

[2] Les Amis de la Terre ont publié de nombreux rapports sur l'huile de palme et/ou l'accaparement des terres en Afrique :

En mai 2011 : « Arnaque à l'huile de palme durable »

http://www.amisdelaterre.org/Rapport-Arnaque-a-l-huile-de-palme.html

«En août 2010 :  l'Union européenne et ses agrocarburants provoquent une ruée sur les terres africaines » http://www.amisdelaterre.org/L-Union-europeenne-et-ses.html

[3] Voir le site du collectif No-Palme : http://nopalmepln.tumblr.com/

 

 

Plus d'informations ici : http://www.bastamag.net/article2311.html

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 11:00

Entre crise financière et dette publique, comment reprendre le contrôle sur le secteur financier pour mettre fin au pillage des ressources publiques.

Vendredi 9 mars 2012 à 20 h à la Maison des associations : rue Berthe de Boissieux Grenoble.

 

Avec :

- Yann Louvel, chargé de Campagne, Responsabilité des Acteurs Financiers des Amis de la Terre France,

- Henry Tidy, adhérent aux Amis de la Terre Isere et ancien chargé de campagne des Amis de la Terre Angleterre sur les questions économiques,

- Mathilde Dupré, chargée de campagne sur les paradis fiscaux au CCFD-Terre Solidaire

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 11:37

L'annonce de la candidature de Nicolas Sarkozy à sa propre succession a réorganisé l'organigramme politique autour du président-candidat et d'un seul objectif : sa réélection. Ainsi, Nathalie Kosciusko-Morizet quitte le Gouvernement pour se consacrer au porte-parolat du candidat de l'UMP aux côtés de François Fillon. Les Amis de la Terre sont indignés d'apprendre par la même occasion qu'elle ne sera pas remplacée au ministère de l'Ecologie, du développement durable, des transports et du logement.

 

Certes, l'Ecologie, le développement durable et le logement sont rattachés au Premier ministre quand les Transports ont leur propre ministère mais accepterait-on aussi facilement la vacance du ministère de l'Economie et des finances ? ou celle du ministère de l'Industrie ? C'est la preuve s'il en était encore besoin de l'importance accordée à l'environnement par le président sortant ! Qui peut croire que le Premier Ministre aura du temps à consacrer à ces problématiques ?

 

Pour Martine Laplante, présidente des Amis de la Terre : « Cette vacance est la cerise sur le gâteau du mépris de Nicolas Sarkozy à l'égard des problématiques environnementales. Or, avec le changement climatique, les pertes de biodiversité et la raréfaction des ressources naturelles, on ne peut pas sérieusement parler de perspectives économiques et sociales sans prendre en compte l'impact de ces facteurs. Sans cela aucune projection dans l'avenir n'a de sens. C'est justement la spécificité de l'écologie de lier environnement, économie et social. »

 

Cet abandon du Gouvernement intervient alors que des dossiers « délicats » devaient passer par un arbitrage interministériel car ils impactaient plusieurs ministères. C'est le cas des OGM, en particulier de la position française sur le pourcentage de contamination toléré des semences paysannes, pour laquelle il y avait désaccord avec le ministère de l'Agriculture. C'est aussi le cas de la réforme du code minier qui révèle un conflit avec le ministère de l'Industrie et de l'énergie.

 

Face à la gravité de la situation actuelle, les Amis de la Terre demandent qu'aucune décision interministérielle, en rapport avec l'environnement, ne soit prise durant la campagne. En revanche, nous demandons que les engagements pris par Nathalie Kosciusko-Morizet soient respectés, en particulier la clause de sauvegarde sur les OGM et l'interdiction de la fracturation hydraulique dans les recherches de gaz et huiles de schiste.

 

Lien :

http://www.datapressepremium.com/RMDIFF/2005515//CP_21fev2012_NKM.pdf

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 13:37

Naturissima, l'un des plus important rendez-vous consacré à l'environnement de Rhône-Alpes, ouvre ses portesaujourd'hui mercredi 30 novembre à 10h.

 

Les Amis de la Terre Isère seront présent avec les affiches pédagogiques Une Seule Planete présentées en intégralité.

Les derniers rapports seront disponibles sur le stand : "surexploitation de l'eau", "A nous les banques", "Une seule planète" sans oublier quelques bimensuel des Amis de la Terre "La Baleine" sur les Gaz de schistes, les agrocarburants ou le nucléaire.

N'hésitez pas à venir nous voir pour échanger sur les documents présentés sur le stand, signer la carte pétition Une seule planète, ou écrire vos propositions d'action sur les thèmes en lien avec les affiches pédagogiques "une seule planete"

 

Pour nous repérer plus facilement, vous pouvez nous retrouver avec le plan des stand organisé par la MNEI

https://docs.google.com/open?id=1yh6TFskq09R1CdKRNMhtot8sZNG8sO-pFrgZzykCwhQQUbyxoFEaLtuEVhtw

 

Les Amis de la Terre Isère vous proposent deux animations sur l'espace associatif de la MNEI, de 13h à 14h le samedi 3 et dimanche 4 décembre :

  - Samedi 3 décembre, 13h-14h, : Dans un département où l'informatique et l'industrie de la microélectronique sont très développée, venez tester vos connaissance et les approfondir au cours d'une séquence interactive de réflexion-débat sur l'impact énergétique et social du numérique. Vous ne regarderez plus votre smartPhone comme avant !

  - Dimanche 4 décembre, 13h-14h : Les agrocarburants : fausse bonne idée ? Que sont réellement ces agrocarburants, parfois nommés biocarburants ? Venez tester vos connaissance et les approfondir au cours d'une séquence de réflexion-débat.

Animation d'une heure. Sur la base d'un quizz, les participants échangent sur leurs connaissances, complétées par les apports de l'animateur.

 

Le collectif Isérois "Stop au gaz de schiste" sera présent sur le stand les jeudi et samedi.

 

Programme des conférences prévues par la MNEI dans le cadre de Naturissima.

Naturissima 2011,du mercredi 30 novembre au dimanche 4 décembre 2011 • Alpexpo - Grenoble

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 11:19

 

Lundi 14 Novembre : La malédiction des ressources naturelles

Les pays qui possèdent le plus de richesses naturelles – pétrole, or, cuivre, diamants, bois précieux, etc. – sont paradoxalement aussi les plus pauvres et, surtout, les plus instables sur le plan politique. Car leurs ressources attirent les capitaux des pays du Nord, et lorsque les réserves sont gigantesques, ces derniersn’ont aucun scrupule. Du Congo à l’Équateur, ce documentaire fait le constat de ce « pillage » sur les populations et l’environnement.
Avec deux intervenants du Cameroun (coton) et du Chili(lithium)  


Film – Débat / 18 h 30 / MNEI

 

 

Mardi 15 Novembre : Zambie : à qui profite le cuivre ?

L'exploitation des gisements miniers des pays du Sud par les multinationales du Nord dans des conditions plus que douteuses n'est pas un fait nouveau, mais atteint parfois des sommets. Ce documentaire dénonce le cas de Glencore, le géant suisse des matières premières, qui exploite à son profit le cuivre zambien et bénéficie impunément des fonds de la Banque européenne d’investissement, ne laissant au gouvernement et aux populations que des miettes et une pollution massive de l’environnement.


Film – Débat / 18 h 30 / MNEI


 

Mercredi 16 Novembre : De plein fouet, le climat vu du Sud

Les changements climatiques ne sont plus seulement des changements à venir. Dans certaines parties du globe, en particulier au Burkina Faso, au Togo, en Équateur et au Bangladesh, et pour une part de plus en plus importante de la population mondiale, ils sont déjà une réalité quotidienne.
Avec Thierry Lebel, climatologue au LTHE


Film – Débat / 18 h 30 / MNEI


 

Jeudi 17 Novembre : Gasland

 

Les plus importantes recherches de gisements de gaz naturel sont en ce moment entreprises à travers tous les États-Unis. La société Halliburton a développé une technologie de forage, la fracturation hydraulique, qui va permettre aux États-Unis de devenir « l’Arabie Saoudite du gaz naturel ».

Mais cette technique est-elle sans danger ? Qu’en est-il en France ?

Avec Robert Pilli ducollectif Stop au gaz de schiste 38/69


Film – Débat / 20 h 00 / Mon Ciné / 6,20 € - TR : 5 €

!! Attention : changement d'horaire : séance à 20 h 00 !!


 

Samedi 19Novembre :

Lost in Palm Oil

En Indonésie, la culture du palmier à huile se développe au détriment de la forêt tropicale avec des conséquences dramatiques pour les rivières et en chassant de leurs territoires des communautés autochtones qui vivent de la forêt.


Film – Débat / 14 h / MNEI


 

Goûter solidaire avec Soligren / 16 h 20 / MNEI

 

Niger, la bataille de l’uranium

La production d’électricité d’origine nucléaire nécessite une longue chaîne de traitement du combustible. Le premier maillon de la chaîne : l’extraction de l’uranium. Mais ce minerai n’est plus extrait en France, il est importé à 100 %. En 1972, la Cogema inaugure l’exploitation d’Arlit, l’une des plus grandes mines du monde. Quelles sont les conséquences sociales, sanitaires et environnementales de l’extraction de l’uranium au Niger ?

Avec la CRIIRAD et Survie (témoignage)


Film – Débat / 17 h / MNEI

 

Repas partagé

Pour finir cette journée, nous vous proposons unrepas partagé : chacun amène à boire et/ou à manger + verre et couverts si possible

Repas / 19 h / MNEI

 

 

Adresses :

 

 

MNEI

5 place Bir-Hakeim

38000 GRENOBLE

 

Mon Ciné

10 Avenue Ambroize Croizat

38400 Saint Martin d'Hères

 

Supports de communication :

Flyer

 

Affiche 

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 09:56

Aujourd’hui, au Niger, toute une partie du peuple touareg est menacée de disparaître face aux enjeux géostratégiques et politiques mondiaux liés à l’uranium. Le sous-sol d'une grande partie du territoire touareg (nord du Niger) regorge d'uranium. Depuis 40 ans, SOMAÏR et COMINAK, deux filiales du groupe AREVA,détenue à plus de 80 % par l’État français, exploitent ce minerai près des villes d’Arlit et d’Akokan dans des conditions sanitaires et environnementales scandaleuses.

Les déchets radioactifs sont stockés à l’air libre depuis plusieurs décennies. En novembre 2009, Greenpeace a pu accéder à certaines zones d’extraction minière pour y prélever des échantillons de sol, d’eau et d’air. La CRIIRAD les a ensuite analysés et a détecté la présence de matériaux radioactifs dans l’environnement, une contamination de l’air par un gaz radioactif (le radon 222) et une contamination des eaux souterraines.

 

La mainmise sur la ressource minière s’accompagne en effet de celle sur la ressource en eau au détriment du développement durable, notamment touristique et pastoral. Du fait de la présence des compagnies minières, ces populations se voient interdire l’accès à certains points d’eau. Qui plus est, ces compagnies puisent l’eau dans les nappes non-renouvelables, l’utilisent et la distribuent contaminée aux habitants, qui souffrent alors de maladies hydriques.

 

Riche en uranium, le Niger est cependant l’un des pays les plus pauvres du monde (186esur 187 sur l’échelle du développement humain, PNUD 2011) et doit régulièrement faire face à de graves crises alimentaires. Une illustration « parfaite » de la malédiction des ressources dont souffrent les pays du Sud.

 

Le film Niger, la bataille de l'uranium sera diffusé samedi 19 novembre à 17 h à la MNEI de Grenoble. Deux organismes seront présents pour débattre avec le public après la projection : Survie, avec le témoignage d'un Nigérien, et la CRIIRAD.

 

Pour clore l'après midi d'animation, un repas partagé sera proposé. N'hésitez pas à apporter vos spécialités locales, vos affaires de pique-nique (pour limiter autant que possible les déchets) afin de partager ce moment convivial ensemble !

 

Sources :

http://www.criirad.org/

Dossier La malédiction de l’uranium du collectif Tchinaghen, 2008

http://hdr.undp.org/fr/statistiques/

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 10:52

 

Des hydrocarbures non-conventionnels …

A la différence des hydrocarbures conventionnels, les gaz et huiles de schiste ne forment pas des poches dans la roche dans lesquelles il suffirait de pomper. Ils sont au contraire disséminés dans la roche (gaz de schiste) ou mélangés au sable (sables bitumineux). Leur extraction nécessite des quantités phénoménales d’eau avec des adjuvants chimiques (jusqu’à 600 adjuvants recensés pour l’extraction du gaz de schiste). Ces extractions sont source de pollution des nappes phréatiques, et requièrent d’énormes quantités d’énergie : l’extraction des sables bitumineux rejette trois fois plus de gaz à effet de serre que l’extraction des pétroles conventionnels.

 

auxquels il est difficile de s’opposer …

Les permis d’exploration signés en catimini le 1er mars 2010 par JL Borloo dans le sud de la France ont mis en évidence les limites de la démocratie du code minier. Les hydrocarbures, conventionnels ou non, sont effectivement régis par ce code minier : à ce titre, toute consultation et information du public avant la phase d’exploration sont exclues, et les citoyens et élus locaux ont très peu de recours pour s’opposer aux décisions prises par l’Etat. Pourtant, la technique de fracturation hydraulique est autorisée à titre de test dès la phase de prospection.

Si la forte mobilisation contre les gaz de schistes semble faire reculer le gouvernement, la vigilance reste de mise. En effet, malgré des déclarations rassurantes comme l’interdiction de la technique de fracturation hydraulique, la menace reste bien présente. Et si 3 permis d’exploration des entreprises Total et Schuepbach ont été abrogés récemment, il en reste encore 61 en vigueur en France.

 

sous prétexte d’indépendance énergétique.

Dans les années 70, « on [avait] pas de pétrole, mais on [avait] des idées ». Aujourd’hui, on a du pétrole, du gaz, et des idées toujours aussi mauvaises. Et on n’est toujours pas indépendants énergétiquement. Loin d’apporter cette indépendance, l’extraction des hydrocarbures non-conventionnels s’inscrit dans une logique de continuité de (sur)-consommation d’énergies fossiles, au détriment d’une transition énergétique pourtant indispensable. L’indépendance énergétique ne peut s’acquérir que par une modification de notre rapport à l’énergie : sobriété, efficacité et développement des énergies renouvelables locales.

 

 

Pour plus d’informations, le film Gasland (de Josh Fox) sera projeté le jeudi 17 novembre prochain à Mon Ciné (Saint Martin d'Hères) à 20 h 00 !!ATTENTION, changement d'horaire : 20 h 00 !! . La projection sera suivie d’un débat en présence du Collectif anti-gaz de schiste 38/69.

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