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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 20:30

Combien ai-je eu de téléphones portables depuis sa création dans les années 90 ? Combien de téléviseurs ai-je acheté depuis 20 ans ? Combien d’appareils électroménagers en panne ai-je remplacé ces dernières années ? Combien, combien? … L’addition risque d’être salée, non seulement pour notre portefeuille, mais aussi pour la Terre qui ne peut plus absorber une telle quantité de matériaux pour la plupart non-recyclables. L’exploitation massive des matières premières et l'exportation en masse de déchets des pays de grande consommation vers des zones géographiques où le stockage est négociable à moindre coût expose les pays receveurs à des niveaux de pollution jamais atteints.

 Si nos grands-parents achetaient une machine à laver ou un téléviseur pour la vie, pourquoi aujourd’hui la durée de vie des objets est-elle aussi éphémère ? Lassitude prématurée liée à une pression publicitaire au changement ? Baisse de qualité des produits à grande consommation ? Stratégie commerciale des industriels pour renouveler leurs bénéfices à intervalles réguliers ? Dès les années 1950, un industriel designer américain proclamait : «il s’agit d’inculquer à l'acheteur le désir de posséder quelque chose d'un peu plus récent, un peu meilleur et un peu plus tôt que ce qui est nécessaire[] ». La diminution flagrante de l’espérance de vie de nos objets pose bel et bien la question d’une « obsolescence programmée » que l’on peut définir comme un ensemble de stratégies visant à réduire volontairement la durée d’utilisation d’un bien ou d’un service. Ces stratégies peuvent recouvrir des aspects différents : date de péremption précoce, arrêt volontaire de la fabrication de pièces de rechange nécessaires à réparer un équipement, campagnes marketing afin de convaincre qu’un nouveau produit en détrône un autre, choix de matériaux de basse qualité pour rendre un produit fragile, et, plus grave encore, introduction de défauts cachés au sein d’un matériel dès sa fabrication afin de programmer sa mise en panne à une échéance définie à l’avance.

Depuis quelques années, certains commencent à dénoncer ce phénomène et le concept d’obsolescence programmée prend des contours de plus en plus définis alors même que son ampleur peut donner le vertige. Des cas précis sont souvent cités à titre d’exemple : les condensateurs des TV Samsung qui ont été placés à un endroit du circuit électronique où ils s’usent plus rapidement, les batteries des téléphones Apple qui ne peuvent être démontées pour être remplacées et ont une durée de vie moyenne de 18 mois, les bas en nylon qui ne filaient jamais dans les années 40 et que les industriels ont du rendre « filables » pour protéger le renouvellement des ventes.

La programmation volontaire d’une durée de vie arbitraire associée à un bien marchand serait orchestrée à la fois par des intérêts financiers et par un mode de vie qui se laisse séduire par le prêt à renouveler. Pour autant, ce n’est pas une fatalité. Plus nous serons conscients des enjeux qui guident l’obsolescence programmée, plus nous serons capables de reprendre la maîtrise de ce processus en choisissant des biens de consommation durables. C’est dans cet objectif que les Amis de la Terre Isère proposent une conférence débat, le 1erDécembre 2012, à 14 heures, à l’occasion du Salon Naturissima, à l’Alepexpo de Grenoble.

Ce sera l’occasion à la fois de nous interroger sur l’ampleur de l’obsolescence programmée dans notre société et dans notre mode de consommation, autour d’intervenants qui ont pu repérer ce phénomène dans le milieu industriel ou dans la vie courante, et d’envisager ensemble les alternatives possibles afin de renouer avec des comportements et une gestion des biens à la fois responsable, durable et enthousiaste.

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Publié par Anne-Sophie BILLET - dans Obsolescence programmée
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