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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 08:48

Les Amis de la Terre se sont beaucoup penchés sur le phénomène de « l'obsolescence programmée » . A Grenoble, ce sera l'objet d'une des conférences-débat organisées à Naturissima sur l'espace du forum associatif coordonné par la Maison de la Nature et de l'Environnement.

Rendez-vous le samedi 1er décembre à 14h avec les Amis de la Terre Isère.

 

Qui n'a pas été un jour ou l'autre agacé, énervé, de devoir changer un lave-vaisselle, un téléviseur, un batteur à œuf, un téléphone, parce qu'un composant à changer n'était plus disponible ou parce qu'une éventuelle réparation coûtait plus cher que la mise au rebut et l'achat d'un appareil neuf ! C'est exactement ce qu'on peut qualifier d'obsolescence technique ou technologique.

Nous avons souvent l'impression – démentie par les constructeurs ( mais faut-il les croire?) - dans le cas du gros électroménager que nos appareils se détraquent de plus en plus rapidement. Est-ce vrai ou non, associations de consommateurs et syndicats de fabricants se renvoient la balle. Ce qui est certain c'est qu'il est de plus en plus difficile de faire réparer. Soit nos appareils ne sont plus démontables, soit, quand ils le sont, la réparation s'avère très coûteuse, et encore quand on trouve un professionnel pour réparer. Ajoutons aussi que les nouveaux objets technologiques apportent – ou au-moins font croire qu'ils apportent- de nouvelles fonctionnalités que la publicité nous annonce comme indispensables. Cela peut même aller jusqu'à nous présenter le changement comme un geste écologique ou citoyen : « votre machine consommera sensiblement moins d'eau ou d'électricité ( ce qui est vrai en consommation directe si on ne prend pas en compte la fabrication elle-même ou la destruction) , et puis il faut bien que les usines tournent pour maintenir les emplois ( mais où sont-ils et dans quelles conditions de travail?) 

C'est tellement vrai qu'on trouve même sur internet des forums de discussion qui expliquent comment contourner soi-même cette difficulté. L'exemple le plus typique est celui des imprimantes qui ne sont qu'en théorie réparables mais pratiquement ne le sont pas si l'on est pas particulièrement bricoleur. De même, le changement, extrêmement simple de quelques cartouches d'encre coûte quasiment aussi cher qu'une imprimante neuve ! On estime d’ailleurs que la durée de vie d'une imprimante ne dépasse guère 5 ou 6 ans maximum.

Citons aussi le cas classique des téléphones mobiles pour lesquels il peut être presque impossible de trouver la bonne batterie ( ou simplement le magasin ad-hoc) après quelques années...quand bien même l'utilisateur peut la changer lui-même.

Pas de doutes, nous sommes bien dans un ère de société de consommation effrénée qui ne tient pas compte de l'impact en matière de pollution ou en celle d'exploitation des ressources naturelles. . Dans le monde occidental, les fabricants et les distributeurs font aussi face à un marché quasi saturé. Il ne s'agit plus de s'équiper mais de remplacer. C'est donc logique, pour faire tourner la machine, pour intensifier le « développement », la seule solution est donc d'accélérer le renouvellement. L'obsolescence programmée en est un des moyens, qu'il s'agisse d'obsolescence psychologique -nous en parlerons la semaine prochaine- que d'obsolescence technique.

Organiser le manque de disponibilité des pièces détachées, concevoir des appareils de plus en plus indémontables pour réduire le prix, proposer des sophistications pas nécessairement très utiles, tout cela est bien la preuve que l'obsolescence technique est bien une stratégie délibérée. Et pourtant, depuis maintenant près de 10 ans, des directives européennes « encouragent la conception et la production d’équipements électriques et électroniques qui tiennent compte de leur démantèlement et leur valorisation, et facilitent la réutilisation et le recyclage de leurs déchets ». Sont-elles vraiment suivies d'effets ?

Rappelons qu'en 2010, le ministère de l'écologie et du développement durable informait que chaque français « produit » entre 16 et 20 kilos de déchets électriques et électroniques. C'est aussi dans ce domaine que la croissance des déchets est une des plus rapides :2 à 3 % chaque année.

Une prise de conscience indispensable...mais pas suffisante

Voici certains produits pour lesquels l’immense majorité des consommateurs vont remplacer plutôt que de réparer : téléphone portable, appareil photo numérique, imprimante, ordinateurs, robots ménagers... Tout ce qui contient un petit peu d'électronique y passe.



Ce qui surprend le plus est que face à un produit défaillant, le consommateur, plutôt que de se dire « quelle arnaque, on ne m’y reprendra pas deux fois », va au contraire se précipiter dans un magasin pour commettre la même erreur, fortement motivé par les vendeurs qui n'hésiteront pas à jouer sur la fibre « citoyenne ».

Cela a des conséquences lourdes pour l'environnement. Ces biens contiennent de nombreux métaux dont l'extraction et les circuits d'approvisionnement sont souvent opaques pour cacher les exploitations illégales et les conséquences environnementales et sociales.

Au-delà de notre prise de conscience indispensable, des solutions , malheureusement souvent partielles, apparaissent. Parmi celles-çi, on pourrait imposer aux fabricants l’affichage de la durée de vie calculées des produits et l'extension de la garantie offerte sur les biens de consommation. Il est clair que si le fabricant doit prendre à sa charge le coût des pannes survenues avant la fin de la garantie, ce serait une forte incitation à travailler dans le sens d'une plus grande qualité du produit et d'une plus grande réparabilité.

Les solutions rapidement possibles, ce sera l'objet d'un de nos prochain article sur ce blog.

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