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17 septembre 2018 1 17 /09 /septembre /2018 12:54

GRENOBLE/ VEYNES , ceux qui l’aiment prendront le train,

sinon, ce sera de vieux autobus pour tous


 

Cent cinquante participants attentifs et unanimes sur une résolution finale ne suffisent pas forcément à rendre limpide une situation complexe et mouvante. De multiples acteurs y jouent une partition sans chef d’orchestre identifiable, fonctionnant sur la base d’informations qui varient, se télescopent et parfois se contredisent, davantage en fonction d’un contexte politique que de données factuelles avérées.


 

Trois exemples entre dix

  1. En 1975 le parcours Grenoble Veynes comportait 15 arrêts et sa durée était d’1 heure 53 minutes.

En 2018 le même parcours ne comporte plus que 8 arrêts (soit 40 mn « gagnées », en principe) et il dure 2 heures 22 minutes.

Cela mesure la dégradation du service rendu au public. Et plus encore si l’on prend en compte le fait qu’entre ces deux dates la population a notablement augmenté (+ 30% pour les Hautes Alpes, +45% pour la Drôme).

Moins de services pour plus de gens, ça au moins c’est clair.

  1. Combien de voyageurs transportés chaque jour entre Grenoble et Gap ?

Les syndicats de cheminots et les associations d’usagers en recensent 1000.

SNCF Réseau : 90 , en illustrant son chiffre à l’occasion par une vidéo montrant des wagons vides (en fait des wagons rentrant au dépôt).

Allez fonder une politique de gestion sur des données aussi manipulées !

De fait les estimations de coûts d’investissements nécessaires varient du simple au double (52 M€/110M€). Pour ne prendre en compte que des chiffres issus de SNCF Réseau.

  1. Les ralentissements :

Là on accède à la pure poésie, façon Clochemerle.

Il y a des ralentissements préventifs (17,5 kms sur 24 en PACA) pour éviter d’user trop vite les rails, vu le contexte d’incertitude.

Les ralentissements injustifiés : comme à Saint Maurice en Trièves, sur des tronçons qui ont été révisés et réhabilités en 2014.

Et enfin, accrochez vous aux banquettes, des ralentissements indiqués mais non réalisés : 5 mn à vitesse réduite sur Grenoble – Clelles.

Comment établir un planning cohérent sur l’ensemble de la ligne sur des bases aussi aléatoires et fantaisistes ?


 

Les Acteurs politiques face à LA question : quels engagements financiers pour assurer l’avenir de la ligne ?

Seules les délibérations votées constituent une base crédible pour savoir quel est le % disponible pour couvrir les 52M€ requis.

Comptons : 3 M€ votés par la Métro grenobloise

2 M€ votés par la région Auvergne Rhône Alpes (AURA) pour le péri- urbain Grenoble –Vif

0.9 M€ votés par le département Hautes – Alpes

? M€ un engagement non chiffré de la région PACA pour la section Gap – Lus la Croix Haute

?M€ un engagement global non chiffré de AURA (une avancée notable par rapport à la position antérieure du président Wauquiez)

Et au total une question qui demeure : la ligne sera-t-elle maintenue au-delà de Clelles ?

Quel est le grand absent ? L’Etat. On avait bien entendu la claire position de la ministre Elisabeth Borne pour la défense des «  petites lignes » du quotidien, position encore réitérée la semaine dernière. Mais on l’a aussi entendue, en cette dernière occasion, annoncer que l’Etat tiendrait ses engagements pour les grands projets engagés au premier rang desquels le pharaonique et inutile LGV Lyon – Turin. Sans qu’on sache comment sera résolu le problème de l’entretien, voire de la réhabilitation des « lignes du quotidien » en même temps que la réalisation d’un tel projet. Car on ne peut dépenser son argent qu’une fois.

G. Pepy, toujours P.D.G. de la SNCF, s’est exprimé pour dire que cette juxtaposition est impossible ; la Cour des Comptes également ; et aussi les Amis de la Terre France. Alors ?

Alors, tendons l’oreille le 19 septembre prochain, où aura lieu à la Préfecture de l’Isère un déplacement du Ministère des Transports. Peut-être y entendrons-nous des chiffres qui permettront d’espérer. Mais sûrement vaut-il mieux se préparer à de futures actions démocratiquement menées pour se réapproprier le bien commun et nécessaire. Chaque km de cette ligne de vie quotidienne sera une reconquête.


 

Pour les Amis de la Terre de l’Isère,

Jean JONOT

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